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Quelques règles de préséance
Les quelques conseils qui suivent ne sont en rien les articles
d’un code rigide, la liberté, chose précieuse,
permet l’expérimentation : une richesse certaine
en gastronomie et en matière d’accords des vins
et des mets.
Toutefois rappelez-vous que la bouteille que l’on
boit ne doit pas faire regretter celle que l’on vient
de déguster.
Le vin léger doit précéder un vin corsé.
Le vin jeune se boit avant le vieux.
Commencez par des vins secs pour terminer par des vins doux, mœlleux
ou liquoreux.
Mais... il est fort agréable de terminer un repas
par un fromage de chèvre frais accompagné d’un
Sancerre très jeune (le vin jeune, blanc et sec suivant
alors le plus souvent un vin rouge plus âgé).
Quand je parlais de liberté...
D’autre part, un petit truc : dans le cas ou vous serviriez un Sauternes
en début d’agapes, pour accompagner un foie gras en entrée
par exemple, veillez à séparer le service de ce vin du suivant
(qui ne pourra qu’en pâtir) en proposant un consommé chaud
qui aura pour avantage de préparer la bouche à la dégustation
du nouveau cru.
Le service du vin
La manière dont vous procéderez au service
du vin est essentielle pour faire du repas ou de la dégustation
un instant de choix recelant bien des plaisirs.
Il faut quatre années pour que la vigne produise du raisin. Il lui faut
ensuite près de trois années supplémentaires pour que
ce raisin soit apte à l’élaboration d’un vin correct.
Mais raisonnablement 12 années de végétation sont nécessaires
pour que sa production donne un vin digne de son appellation.
Comptons ensuite de nombreux efforts de la part du vigneron, puis 5 années
de garde, bien souvent 10, pour qu’un grand vin atteigne sa maturité.
Et il suffira malheureusement de quelques secondes, certains gestes maladroits,
un vin mal choisi, une température mal adaptée, pour vous décevoir
et annuler tant de patience, de travail et d’amour du produit.
Quelques règles simples et efficaces vous aideront pour le choix, tout
d’abord, puis pour le service des vins qui honoreront votre table.
Une bonne bouteille doit être servie :
- A bonne température
- Présentée correctement (moment de l’ouverture,
en carafe, couchée ou non...)
- Dans un verre adéquat, rempli avec modération
- Avec le mets qui lui convient
- Choisie en fonction : de la saison, des hôtes
que l’on doit traiter, de l’occasion (repas
d’affaire, noces, repas de jeunes convives, sur le
pouce, menu avec vin unique...).
Développons ces éléments :
La température de service règles générales
6 à 8° |
Pour les mousseux, les vins moelleux et les vins
de liqueur. |
8 à 10° |
Pour les Champagnes, les vins liquoreux, les vins
blancs secs et les rosés. |
10 à 12° |
Pour les grandes cuvées de Champagne et
les grands vins blancs |
14 à 16° |
Pour les vins rouges jeunes et légers. |
15 à 17° |
Pour les vins rouges fruités |
16 à 18° |
Pour les vins rouges présentant plus de
corps |
La bonne température de service dans le détail
6 à 8° |
Vins blancs secs, jeunes Vins de Pays
blancs, Aligoté, Muscadet |
8 à 10° |
Alsace, Chablis, Meursault, Graves, Gewurztraminer,
Condrieu... |
9 à 12° |
Vins blancs secs de grande naissance |
12 à 14° |
Vieux vins blancs (température de la cave) |
6 à 8° |
Vins blancs moëlleux |
8 à 10° |
Vouvray, Coteaux Layon, Bergerac bl., vendanges
tardives... |
8 à 10° |
Vins blancs liquoreux , Loupiac, Ste Croix du Mont... |
10 à 12° |
Grands Sauternes, sélection grains nobles... |
6 à 8° |
Vins de Liqueur Muscat Rivesaltes, Mireval, Macabéo... |
6 à 8° |
Vins rosés jeunes et légers Cabernet
d’Anjou, Bordeaux rosé, Provence |
8 à 10° |
Vins rosés plus structurés Tavel,
Bourgogne, Afrique du nord |
12° |
Vins rouges jeunes et légers : Vins de pays,
Gamay de Loire, vin primeur |
13° |
Vins rouges jeunes plus structurés : Beaujolais,
pinot noir Alsace rouge,
Bourgeuil, Sancerre |
16° |
Vins rouges légers plus agés : Bourgogne,
Côtes du Rhône, Chinon, Bordeaux |
16 à 18° |
Vins rouges de grande naissance : St Emilion, Pomerol,
Nuits st Georges,
Châteauneuf du Pape, Grands vins mondiaux |
6 à 8° |
Mousseux |
8 à 10° |
Champagne et crèmants |
10 à 12° |
Grandes cuvées de Champagne |
Aucun vin ne présente ses qualités au delà de
20° centigrades.
La bonne température est primordiale pour une excellente perception
de toutes les qualités du vin.
L’acquisition d’un thermomètre à vin se révèle
donc indispensable, et à son usage régulier, vous aurez bien
des surprises.
Le service des vins anciens présentant un dépôt
Le dépôt des vins de Bordeaux rouges est particulièrement
léger. Il tend facilement à se mélanger
au liquide et adhère moins au fond de la bouteille
que celui des bourgognes. C’est pourquoi la bouteille
bordelaise a des "épaules" marquées,
elles retiennent le dépôt lors du service du
vin.
Votre vin rouge présente un dépôt important ? Il vaudra
mieux redresser la bouteille en cave au moins trois jours avant service afin
que la lie dépose sur le cul du flacon. Ceci vous permettra de remonter
le cru avec moins de risques et de le déguster sans problème
au jour choisi ou encore de le décanter plus aisément.
Les vieux Bourgognes, dont la bouteille ne présente pas d’épaule
marquée, seront servis sans décantage (la lie glisse trop facilement
en carafe), avec beaucoup de précaution en essayant de vider la bouteille
en une fois dans les verres sans mouvement brusques de remontée de goulot.
Cristaux
Il faut savoir que les petits cristaux blancs dont vous
pouvez constater la présence dans le fond d’une
bouteille de vin blanc ou ceux, teintés de rouge,
qui habillent l’intérieur de votre bouchon de
bordeaux, sont constitués d’acide tartrique, élément
naturel du vin, et non de sucre !
On les appelle tartre ou gravelle selon les régions. Ce tartre n’altère
en rien la qualité du vin. Le producteur essaie d’éviter
leur formation en traitant le vin par le froid avant mise en bouteille, mais
certaines petites maisons ne sont pas équipées de cet appareillage
technique.
Carafage et décantage
Ne confondez pas le carafage et le décantage.
La première opération consiste à transvaser dans une carafe
un vin jeune (blanc ou rouge) pour l’aider à développer
ses arômes et sa flaveur. Vous procèderez de cette manière
par exemple pour un jeune viognier ou pour un jeune Bourgogne blanc ou le Touraine
côt rouge de la Confrérie des vignerons de Oisly et Thésée...
Le décantage permet, quant à lui, de séparer
le vin clair du dépôt qui s’est constitué durant
le vieillissement d’un cru. Donc un service optimal
d’un vin non souillé. Il se fait par transvasage
lent et régulier du contenu de la bouteille en carafe
tout en contrôlant à la lueur d’une bougie
et en mirant le goulot l’arrivée du dépôt
dans le flot du vin. Reste alors le vin clair en carafe et
une petite quantité de vin souillée par les
lies dans la bouteille.
Sabler le champagne
A la cour des Tsars de Russie, les nobles grands buveurs
de Champagne, mais le préférant plutôt
doux, avaient pour habitude de chemiser leur flûte
de sucre impalpable après l’avoir embuée
de leur haleine. Il en retirait l’excès en renversant
le verre. Une très mince couche de sucre subsistait
sur la paroi de la flûte lui donnant l’aspect
sablé. Puis on versait le Champagne dans le verre
ainsi préparé.
C’est de là que vient l’expression "sabler le Champagne".
Sabrer le champagne
Il s’agit d’une manière brusque et "cavalière" d’ouvrir
le flacon de Champagne puisque l’on se sert d’un
sabre de cavalerie pour étêter d’un geste
vif et précis la bouteille juste en dessous du muselet
métallique. Le goulot casse alors laissant jaillir
en mousse le précieux breuvage !
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